En chute libre Carl de Souza L'Olivier « Il faut que je me lève pour faire échec au sommeil et au duel dans lequel il me jette continuellement. Je réalise, durant les courts intervalles où la fièvre me laisse en paix, que cette rencontre, je dois la disputer hors de mon sommeil, et qu’elle me mettra aux prises avec l’enfant que j’étais. Il faut que je me lève pour suivre des yeux la grève jusqu’à la baie où s’est dressé le Don Diego, en réalité le Don Diego Fernandez, Golf & Spa, au milieu de bungalows qui semblent avoir été fabriqués en série à Bali, des voiles multicolores des dériveurs en attente sur une plage artificielle quotidiennement peignée, des paillotes, des dattiers transplantés. Il faut que je me lève parce que j’ai décidé de me mouvoir une demi-heure par jour. »

Jeremy Kumarsamy paye cher son entêtement. Handicapé suite à une blessure mal soignée, sous la menace d’une arrestation parce qu’il a agressé une autorité sportive, ce champion de badminton de niveau international a dû rentrer, après quinze ans d’absence, dans son pays d'origine, une ancienne colonie britannique. Reclus dans la maison de sa mère, il retrouve le fil de son enfance, et surtout d'un parcours chaotique fait de drames, d'échecs et de gloire.
Peu à peu se dessine le destin d’un jeune homme ambitieux, en butte aux turbulences politiques de son pays et à des enjeux sportifs qui le dépassent.

Proche d’écrivains comme V.S. Naipaul, Michael Ondaatje ou Rohinton Mistry, Carl de Souza s’affirme avec ce roman kaléidoscopique comme l’un des grands romanciers francophones de l’Océan Indien. Outre Le Sang de l'Anglais (1993) et La Maison qui marchait vers le large (1996), il a publié deux romans à l'Olivier : Les Jours Kaya (2000) et Ceux qu'on jette à la mer (2001). Il est né et vit à l’île Maurice.