20 minutes 12 juin 2014 « Fondateur de la Coupe du monde de football, du club de Saint-Ouen, le Red Star FC, et président de la Fifa pendant trente-trois ans, qui est donc Jules Rimet ? Né en 1873 à Theuley, en Haute-Saône, et décédé en 1956 à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, il est à la Fifa ce que Pierre de Coubertin est à l'olympisme : un dirigeant efficace, novateur, tourné vers le sport et la culture comme leviers sociaux et sociétaux.
La Coupe du monde lancée en 1930 n'est pas une aventure de jeunesse, mais l'aboutissement d'une vie de dirigeant engagé, persuadé que le sport dépasse les barrières sociales et culturelles, et donne à chacun sa chance. « Il voulait que chaque enfant ait une chance de devenir footballeur par-delà les barrières sociales », explique son petit-fils, Yves Rimet. Il y a quelques mois, il a ouvert les archives de son grand-père, vieilles de soixante ans, à l'auteur Renaud Leblond, pour la sortie du Journal de Jules Rimet.
En passionné de littérature, le dirigeant utilise les mots justes, ne manquant pas de poésie, de recul et d'humour sur ses propres aventures. On y retrouve les histoires et anecdotes des quatre premières éditions de la compétition de 1930 à 1950. Par exemple, lors de la finale de 1934, à Rome, Jules Rimet est assis à la droite de Mussolini et il ne va pas lui adresser la parole pendant tout le match malgré le sacre des Italiens. S'y ajoutent des moments forts comme l'ambiance sur le bateau qui mène les équipes européennes en Uruguay en 1930, les tractations pour limiter les défections d'équipes dans des contextes politiques chargés, les débats sur les formules coupe-championnat, le gigantisme des stades, etc. « Pour ne pas avoir toute l'intelligence dans les pieds », raconte son petit-fils, en parallèle de la création du club de football le Red Star FC, en 1897, il fonde un journal.
« Je pense que s'il voyait le football moderne, il serait un peu désarçonné, confie Yves Rimet. Mais il estimait que c'était l'évolution logique du football et que, le sport générant de tels chiffres, il était difficile d'éviter certaines dérives... » Et d'ajouter dans la foulée : « L'origine sociale de nombre de footballeurs d'aujourd'hui prouve que son idéal d'ouverture du sport professionnel au plus grand nombre est plus que jamais d'actualité. »

Nicolas Richoffer.